Voici les points saillants de la réunion du conseil d’administration du Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) de Champlain tenue à Ottawa (Ontario) le 28 novembre 2018.

Rapport de la chef de la direction

Chantale LeClerc, chef de la direction du RLISS de Champlain, a fait le point auprès des membres du conseil d’administration sur les sujets importants suivants :

  • Le RLISS et ses partenaires ont lancé un projet pilote de télésurveillance du domicile pour les personnes atteintes d’une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). Dans le cadre de ce projet, on se sert du système de télésurveillance du domicile qui a été mis au point par l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa et qui est déjà utilisé pour les patients atteints de troubles cardiaques. La Division de pneumologie et l’équipe de sensibilisation à la MPOC de L’Hôpital d’Ottawa participent également au nouveau programme. L’objectif est de fournir davantage de soins à domicile et de réduire le nombre de visites répétées à l’urgence.
  • Afin de réduire les temps d’attente, L’Hôpital d’Ottawa effectue des chirurgies supplémentaires sur des patients qui ont besoin d’implants rachidiens. Ces interventions sont financées au moyen de fonds non dépensés qui étaient destinés à d’autres domaines des soins orthopédiques dans la région. Cette redistribution des fonds est un bon exemple de la façon dont le RLISS et ses partenaires régionaux des programmes orthopédiques travaillent ensemble pour mieux répondre aux besoins des patients et des familles.
  • Le RLISS a convoqué de nouveau son groupe de travail régional sur la hausse saisonnière afin de planifier la saison de la grippe. Le groupe comprend des planificateurs du système de santé, des membres du personnel des soins à domicile et des ambulanciers paramédicaux, ainsi que des représentants des fournisseurs de soins de santé communautaires, des foyers de soins de longue durée, des hôpitaux et des bureaux de santé publique. Les membres du groupe travaillent ensemble pour sensibiliser le public et veiller à ce que le système de santé bénéficie d’une capacité suffisante pour répondre à la hausse du nombre de patients.
  • Au moyen du programme provincial de notification électronique, on alerte automatiquement l’équipe du RLISS responsable des soins à domicile ainsi que les médecins de soins primaires inscrits auprès d’OntarioMD lorsque leurs patients se rendent à l’urgence, sont admis à l’hôpital ou reçoivent leur congé de l’hôpital. Le RLISS de Champlain a joué un rôle clé dans la mise en œuvre de ce programme numérique pour la santé, lequel améliore la continuité et la qualité des soins offerts aux patients.

    Le but de ce programme de pointe est d’appuyer le maintien en place d’un système de santé bien géré conçu pour durer. À ce jour, 11 hôpitaux du RLISS de Champlain se sont joints au programme. Il s’agit des hôpitaux suivants : Arnprior Regional Health, Soins continus Bruyère, l’Hôpital Memorial de Carleton Place et du district, l’Hôpital communautaire de Cornwall, l’Hôpital Glengarry Memorial, l’Hôpital du district de Kemptville, l’Hôpital Montfort, l’Hôpital régional de Pembroke, l’Hôpital Queensway Carleton, l’Hôpital Victoria de Renfrew et l’Hôpital St. Francis Memorial à Barry’s Bay. (En 2019, quatre autres hôpitaux – l’Hôpital général de Hawkesbury et district, L’Hôpital d’Ottawa, l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa et l’Hôpital Memorial du district de Winchester – devraient également participer au programme.)

Témoignages de patients et soins palliatifs régionaux – Progrès, défis et orientations 

Ce mois-ci, le conseil d’administration du RLISS a lancé une nouvelle initiative dans le cadre de laquelle il invite à ses réunions des patients souhaitant raconter leur parcours dans le système de santé. Les témoignages de patients feront désormais partie intégrante de chaque réunion mensuelle du conseil d’administration; ces témoignages porteront sur des sujets liés aux stratégies et aux activités du RLISS. L’objectif visé par les membres du conseil d’administration est de mieux comprendre, au moyen de témoignages directs de patients, l’expérience de ces derniers dans le contexte des services de santé au sein de notre région, et ce, afin que le RLISS puisse prendre des décisions plus éclairées et axées sur le patient.

J Dunbrack
 Janet Dunbrack

Janet Dunbrack, la première patiente venue raconter son histoire devant le conseil d’administration, a parlé de son expérience concernant les services de soins palliatifs et a donné des conseils sur la façon dont le système de santé pourrait être amélioré pour les patients.

Consultante en politiques de santé à la retraite et patiente atteinte du cancer à l’heure actuelle, Mme Dunbrack a été présidente de la Maison de soins palliatifs d’Ottawa et est maintenant membre du conseil d’administration de Carefor.

En tant que patiente, Mme Dunbrack a dit qu’elle a reçu d’excellents soins en général, et a relevé deux possibilités d’amélioration en matière de services de santé. Tout d’abord, elle a dit qu’il fallait mettre en poste des intervenants-pivots pour les soins de cancérologie, notant que de tels postes sont en place en Nouvelle-Écosse, en Alberta, à Terre-Neuve-et-Labrador et dans certaines régions du Québec. Dans ces régions, chaque patient qui vient de recevoir un diagnostic de cancer se voit attribuer un intervenant-pivot qui agit à titre de gestionnaire de cas afin d’assurer un accès rapide aux bons services. Elle a fait remarquer que les patients et les familles mentionnent souvent que le cheminement dans le système de santé est une source importante de stress qui exige beaucoup de temps.

En second lieu, elle a proposé l’élaboration, à l’intention des soignants familiaux, d’un programme de formation axé sur des compétences pratiques, notamment en ce qui touche la prévention des infections de base, le changement des draps lorsqu’un lit est occupé par une personne, le transfert d’une personne de son lit à une chaise, le bain à l’éponge et l’utilisation des toilettes.

Mme Dunbrack a expliqué qu’à l’heure actuelle, les soignants peuvent bénéficier de nombreux services de soutien psychosocial et de soutien par les pairs, ainsi que de beaucoup d’information sur des maladies particulières, précisant que « ce qui manque, c’est une formation pratique sur les compétences de base en soins à domicile. Je pense qu’il y a une demande à laquelle on ne répond pas. Nous avons une population vieillissante et le système de santé met l’accent sur le transfert des soins à la communauté. Si nous entendons demander aux soignants familiaux d’assumer un rôle de plus en plus important, nous devons veiller à ce qu’ils acquièrent certaines compétences de base. Cela atténuerait le stress qu’éprouvent ces soignants, réduirait peut-être le nombre de blessures et de visites à l’urgence et permettrait aux soignants de créer des réseaux sociaux avec d’autres personnes pendant les séances de formation, ce qui contribuerait à réduire l’isolement social que vivent souvent ces personnes ».

Mme Dunbrack a également souligné l’importance de la planification préalable des soins : « Je crois beaucoup à la préparation pour l’avenir. N’attendez pas qu’une crise survienne », conseille-t-elle.

Pour brosser un tableau complet des soins palliatifs dans la région, Nathalie Gilbert (directrice de sous-région du RLISS de Champlain) et Nadine Valk (directrice générale du Programme de soins palliatifs de Champlain) ont fait des présentations au conseil d’administration du RLISS.

Le Programme de soins palliatifs de Champlain, qui est administré et financé par le RLISS, réunit des experts pour planifier et coordonner les services, évaluer le rendement et donner de l’information aux professionnels de la santé ainsi qu’au public.

« Le RLISS de Champlain a joué un rôle de premier plan en 2010 dans la création d’un programme régional de soins palliatifs », a déclaré Mme Gilbert. « En fait, il s’agissait du premier programme de ce genre dans la province et, à ce jour, il demeure une référence. »

Les services de soins palliatifs continuent d’évoluer dans la région de Champlain et s’intègrent de plus en plus au système de santé global. De nombreux types distincts de services palliatifs sont offerts dans la région. Par exemple, le RLISS de Champlain, dans le cadre de son rôle au chapitre de la prestation de soins à domicile, fournit des services de soins palliatifs bilingues à domicile à l’échelle régionale, le tout au moyen d’un budget annuel totalisant environ 21 millions de dollars.

De plus, le RLISS finance d’autres organismes afin qu’ils servent les clients dans ce domaine des soins de santé.

  • Par exemple, au sein de la région, il y a 62 lits de soins palliatifs dans 8 établissements, une équipe régionale de consultation en soins palliatifs composée de 11 membres du personnel infirmier et infirmier praticien, une unité de soins palliatifs subaigus de 31 lits à Soins continus Bruyère et 9 organismes communautaires offrant des services de visites de bénévoles et de soutien aux personnes endeuillées.
  • Le RLISS a appuyé l’élaboration et la mise en œuvre du projet sur le parcours de fin de vie Pikwàkanagàn – Inàdizowin à l’intention des Algonquins de la Première Nation de Pikwàkanagàn; il s’agit d’un programme novateur conçu pour répondre aux besoins physiques, mentaux et émotionnels des clients visés.
  • De nouveaux services sont maintenant offerts. Il y a notamment l’ajout de trois lits de soins palliatifs à Pembroke, établis en partenariat avec l’agence Marianhill, et l’ajout de dix lits de soins palliatifs à Ottawa, soit à la Maison de soins palliatifs d’Ottawa.
  • Le nouveau programme de soins palliatifs périnataux de La maison Roger Neilson, à Ottawa, est le premier du genre au Canada. « Il s’agit d’un programme destiné aux familles qui, dans le cadre d’une grossesse, prévoient que l’enfant sera mort-né ou ne vivra pas très longtemps après sa naissance », a dit Mme Valk. « Le programme offre un soutien immédiat à la famille afin qu’elle puisse se créer des souvenirs, bénéficier d’une approche palliative en matière de soins et avoir des choix quant à la façon dont elle gère cette situation. »

Malgré l’expansion récente des services de soins palliatifs dans la région de Champlain, le RLISS et son programme régional doivent maintenant faire face à divers défis, à savoir les suivants :  

  • La plupart des gens ne savent pas où sont les services dont ils ont besoin, ou comment les trouver.
  • Les services de soutien aux soignants, les soins de relève et les services aux personnes endeuillées ne sont pas toujours faciles d’accès.
  • Les populations rurales, francophones et vulnérables font face à des obstacles supplémentaires lorsque vient le temps d’accéder aux soins, et ce, pour des raisons liées à l’emplacement, à la langue ou aux conditions de vie.
  • La transition entre les différents organismes fournissant des soins est parfois mal coordonnée.
  • Ce ne sont pas toutes les personnes pour qui une approche axée sur les soins palliatifs serait bénéfique qui peuvent profiter de tels soins. Par exemple, il se peut que ces personnes ne soient pas désignées assez tôt, surtout si elles sont atteintes d’une maladie non maligne.
  • Le vieillissement, la mort et la perte d’êtres chers sont des phénomènes universels, normaux et inévitables, mais de nombreuses personnes (y compris les fournisseurs de services) évitent néanmoins de discuter de la planification préalable des soins, des soins palliatifs, des buts des soins et des choix de traitement.

Les projets du RLISS comprennent l’expansion des soins palliatifs résidentiels à Hawkesbury et à Orléans (une banlieue dans l’est d’Ottawa); l’ajout de lits de soins palliatifs subaigus à L’Hôpital d’Ottawa; l’élaboration d’un processus amélioré permettant aux patients d’accéder aux services (p. ex. au moyen d’un système central d’aiguillage); l’ajout de soins palliatifs à distance aux services offerts par vidéoconférence.

Mme Valk a remercié Mme Dunbrack pour ses suggestions, ajoutant qu’offrir une formation pratique axée sur les compétences aux soignants familiaux était une excellente idée dont la mise en application sera sérieusement envisagée.

Enfin, Jean-Pierre Boisclair, président du conseil d’administration du RLISS de Champlain, a remercié les personnes ayant présenté leurs commentaires sur les soins palliatifs. « Cette discussion a été très utile », a-t-il dit. « Je ne saurais trop vous remercier de la générosité dont vous avez fait preuve en venant ici aujourd’hui et en donnant une telle information. Ce ne sera pas oublié. »

Culture de participation des patients

Le RLISS de Champlain adopte une nouvelle approche pour créer une culture plus axée sur la participation des patients au sein de l’organisme. Cela signifie qu’il faut accorder la priorité aux besoins des patients dans tous les aspects de notre travail, comme les soins personnels et les décisions en matière de santé, la conception des programmes et l’élaboration des stratégies et des politiques. Une culture de participation des patients imprégnera ainsi l’ensemble du RLISS, y compris le personnel de première ligne, les autres membres du personnel, la direction et les membres du conseil d’administration.

Patrice Connolly, vice-présidente, Ressources humaines et développement organisationnel du RLISS Champlain, a donné des détails sur la nouvelle approche. Elle a dit que divers résultats bénéfiques sont attendus d’une culture de participation des patients. Parmi ceux-ci, mentionnons une plus grande collaboration entre les patients et les fournisseurs de soins au moment de prendre des décisions concernant les soins de santé personnels, une satisfaction accrue des patients, de meilleurs résultats au chapitre de la santé et une plus grande participation de la part des employés du RLISS.

« Si les patients peuvent prendre part à la discussion, celle-ci s’en trouvera très certainement changée », a dit Mme Connolly.

Le Comité consultatif des patients et des familles du RLISS de Champlain continuera de jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de cette importante initiative visant à promouvoir notre culture organisationnelle.

Par exemple, à compter du début de 2019, les patients pourront participer aux démarches d’embauche du personnel du RLISS; pour leur part, les soignants auront l’occasion d’aider à concevoir des programmes pour les personnes atteintes de démence et celles qui reçoivent des soins à domicile.


Sujets

  • Rapport de la chef de la direction
  • Soins palliatifs régionaux
  • Culture de participation des patients

Les journalistes qui désirent plus de renseignements sont priés de communiquer avec la ligne des médias : 

Nous vous invitons à assister à la prochaine réunion publique du conseil d’administration du RLISS de Champlain

  • le 23 janvier 2019 à 13 h
  • RLISS de Champlain - Siège social
  • 5ème étage
  • 1900, promenade City Park, Ottawa

Une semaine avant la réunion, cliquez ici, et consultez l’ordre du jour de la réunion dans la trousse du conseil d’administration daté du 23 janvier 2019.